Succès des mesures
d’atténuation du bruit

Le ventilateur de mon ordi est moins bruyant qu’avant. Mon auto aussi. De même les balais mécaniques qui passent au petit matin dans la rue devant la maison. Sans oublier les hydravions qui transportent des touristes au-dessus de ma tête. Il semble que la technologie soit enfin parvenue à réduire le bruit ambiant.

Tout cela serait merveilleux si vous n’aviez pas, tous en même temps, décidé de parler moins fort. Au point que je ne vous entends presque plus. Faudrait pas exagérer.

Paracentèse

« Il y a dix ans cet été que maman est morte et je n’ai pas encore fait graver sur sa pierre tombale les quatre derniers chiffres de sa vie quoiqu’au printemps j’aie écrit dans mon agenda que c’est cette année que j’y verrais. Il ne reste qu’à inscrire dans le granit l’année de son décès puisque maman y avait déjà fait graver l’année de sa naissance. Elle était prévoyante. Mais ne pouvait pas tout prévoir. »

Je suis un homme enfanté. Un homme inventé. Un enfant de Dieu. Un enfant du vent. Je n’ai rien des dieux. Si peu, si veule, si frêle. Fils de douleur d’espoir, d’espérance décolorée. De fracture en morsure. Aux angles écrits sur la face des songes. Marqué par les forceps qui m’ont ouvert le monde et par les sangles qui m’y maintiennent. Au monde.

On ne finit jamais d’être enfanté par cette mère qui nous a jeté sur ses rives. Les rives de sa vie, nos terres. On n’en finit pas d’être inventé par cette mère. D’être tué par elle. Jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Et le père ? Fossoyeur ou sage-homme. Faux ailleurs d’où l’on apprend qu’on n’existe pas. Comme lui. Qu’on n’existe pas. Une fois pour toute. Qu’on est en continuel enfantement. Enfantaison. Par tous les temps. Par tous les vents. Il fait si froid déjà. Sans les feuilles aux arbres. Et les cheveux sur ma tête.

Octobre 2010

Chanson villageoise 2

Dans le cadre des impromptus littéraires, semaine du 11 mars 2012. La contrainte: que votre texte soit rédigé en prose ou en vers, son incipit doit obligatoirement être « Je suivis ce mauvais garçon qui sifflotait mains dans les poches », deux des vers du célèbre poème « La chanson du mal-aimé ».


Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait les mains dans ses poches
Je suivis Ti-Jean Caboche
Le temps de croire qu’au village ce soir

Chausserai mes godasses terreuses
Celles aux semelles qui claquent
Mettrai un viatique à mes oreilles
Musique de Ferré paroles de Dieu

Grisou ira devant dans le sentier
Le sentier qui mène à la rivière
Depuis derrière
Derrière la maison
S’arrêtera aux cris du carouge
Guetter les petits dans le fossé

Laisserai là mon maigrelet mon chat
Pousserai jusqu’à la grève dans la baie
Y retrouver ma vieille barque
Déjointée renflée ensommeillée
Lourde lourde que de m’attendre

Glisserai doux sur la rivière
Tonnant musique et priant diables
Jusqu’à la maison ras le pont
Plus bas au rétréci des rêves
À l’étroitesse des eaux

« Au peddleur sédentaire » j’achèterai
De beaux souliers de cuir patent
Un pantalon de lainage fin
Une chemise de lin
Une veste de serge bleu
À fermeture croisée et boutons d’or
Un galuron une casquette peut-être
Tout à l’avenant

Laisserai rivière pour grand chemin
Irai tête haute sur les cailloux
Avec de beaux souliers qui couinent couinent
Du haut des côtes jusqu’au village

À l’hôtel de la Chevrotière
Il y aura des filles et de la bière
Des chants d’amour d’arase peines

Au village qui sera grand
Il y aura des villes à chaque rue
Des chats des lunes et des gouttières

Des torrents d’orgues aux portes des églises
Des violoncelles à l’échancrure des bordels
Foin de la misère de la guimbarde du ruine-babines

Rien que des brunes et des blondes
Et des rousses à collet de mousse
C’est au village que j’irai

Ti-Jean Caboche sifflotait
Allait devant déjà si loin
Le troupeau derrière tout près
Rentra si doucement

Demain peut-être
J’irai j’irai

Tant la terre est dure ici
Qu’elle dégorge et déchante
Tant l’air frisonne ici
Qu’il est transi même au midi
Tant la pierre glace ici
Qui n’est que vives saillies

C’est au village
Les mains dans les poches
Que j’irai que j’irai
Pour y mourir une dernière fois

Mi-mars

perles de givreQuelques perles translucides, on dirait des gouttes grises, enfilées sur les ramilles du hêtre devant la maison. Une houppe noire, un pompon, comme un écureuil immobile, à l’aisselle d’une charpentière. D’une déchirure dans le linceul d’ennui, comme un tronc émergeant de l’oubli, une écriture ancienne, un idéogramme, un trait d’encre.

Île déserte

Île des Piles, 12 juin 2010, 4h30

J’ai froid soudain. J’entends une mésange tout près. Elle me rappelle la « halte aux oiseaux » à mi-parcours des pistes de ski aménagées sur les terrains du Golf de Grand-Mère: deux tables à pique-nique bancales et déglinguées sur un tertre de départ recouvert de deux mètres de neige, quelques mangeoires à oiseaux faites de vieux contenants de lave-glace percés de deux grands trous et fichés d’un goujon en guise de perchoir, la forêt derrière et de chaque côté, l’allée centrale du trou no 16 droit devant, plein Sud. Et le soleil, doux et chaud comme un ventre de femme.

Des effiloches de brume que Galarneau dès son réveil guette pour les boire dansent sur le dos de la rivière. Je suis allongé sur la rive à la pointe Sud-Est de l’Île-des-Piles, à l’embouchure d’une petite forêt de thuyas, d’épinettes, de pins et de quelques bouleaux chétifs. L’autre bout de l’île est un cap de roc sur lequel la St-Maurice très large en cet endroit se brise, alanguie, puis se refait aussitôt, entretenant sur son passage la courte plage où j’ai accosté, et franchit, impétueuse, la passe en aval au-dessus de laquelle on a construit le pont en arche de l’autoroute 55. Le « brrrrroooaaaar » sonore d’un frein Jacob annonce un fardier chargé de troncs d’épinettes qui amorce la longue descente menant au pont. Il arrive d’en-haut de La Tuque.

Je n’ouvre pas les yeux. Pourquoi les ouvrirais-je? D’ici je peux tout voir. Tout. Par secousses et fracas comme à la lueur des éclairs pendant l’orage. « Alzheimer ». C’est tout ce que je retiens de ma rencontre d’hier avec le neurologue. Je repose sur la rive, dans la gueule de la forêt, épuisé, mon kayak à mes côtés. Un écureuil roux sur une branche tambourine.


Photo Serge Ayotte – © 2012 Serge Ayotte
Écrit d’abord pour les Impromptus littéraires

La mémoire enfantée et les fractales imparfaites

Fête de l’Incipit, octobre 2065

Le vieillard indifférent qui avait assisté plus tôt aux funérailles de sa soeur aînée volait maintenant radieux de groupe en groupe à l’aide du déambulateur à stabilisation gyroscopique auquel on l’avait attaché et qui le maintenait debout. Quoiqu’on le savait depuis longtemps morose, taciturne et secret, on l’avait découvert guilleret, volubile et communicatif à sa sortie du Centre d’interprétation du Parc Cahokia Mounds.  Ce qu’on appelle aujourd’hui la « métamorphose d’Avid Ojan » se produisit en 2030, mille jours avant son décès, trente années avant la grande réunification continentale.

La vie de l’auteur de « La Genèse de l’oeuvre » avait basculé une première fois en 2015, année où il fut pris en charge, comme plusieurs milliers de septuagénaires de la Petite-Whippetie, par la Nanyang Health Resources, la Nanny. C’est alors qu’il faisait la queue à la foire aux admissions de Trois-Rivières, organisée chaque année dans toutes les villes hospitalières de la Resolute Great Eastren America par le Ministère de la Vie pour sélectionner ceux et celles qui auraient droit aux services des médecins au cours des prochains douze mois, qu’Avid Ojan fut terrassé par un infarctus.

La Chine, ayant remporté au début du siècle la bataille des monnaies et celle des terres rares, avait assujetti toute l’Otanie, assumé l’entièreté de sa dette, assuré à ses populations une aisance minimale et habilement maintenu en place les élites alternantes locales.  Un cardiologue chinois membre de l’équipe de médecine en temps réel du CHU Wolong-Nanyang accompagnait le groupe-de-lobbyistes-qui-passa-à-côté-du-malheureux-au-moment-même-où-celui-ci-s’effondrait. Il suffit au praticien de quelques manipulations relevant de cette approche alors nouvelle, l’actuelle médecine actuale, pour qu’Avid Ojan fût remis sur pieds sur le champ et reprît sa place dans la file d’attente. Jamais n’avait-on vu une victime d’un infarctus de cette gravité se rétablir aussi rapidement.

Les discussions entre le Ministère et la Nanny au sujet de la prise en charge des personnes âgées aux fins du développement et de l’expérimentation de la médecine actuale étaient fort avancées. La Nanny et le gouvernement du Parti de la Raison Saine y trouvaient leur compte: la première disposerait d’un groupe important et docile pour tester les percées de la médecine actuale, le second économiserait des milliards en soins de santé et pourrait affecter les sommes ainsi libérées à la construction des échangeurs routiers de l’avenir. Ne manquait qu’un événement mobilisateur susceptible d’entraîner l’adhésion populaire.  Habilement médiatisé, le « miracle de Trois-Rivières » vainquit les résistances. Tout le monde en parla et, quelques mois plus tard, la Nanny inaugura son premier Centre d’Études Cliniques Actuales dont le miraculé fut le premier bénéficiaire.

Sous l’effet du syndrome euphorique des ressuscités, Ojan s’abandonna entièrement à la Nanny. D’un esprit libre et jusque là fort critique, l’homme qui avait participé aux révoltes populaires à l’origine du séisme géo-politique qui ébranla l’Europe et l’Amérique à la fin de 2012 fut atteint, dès les premières semaines de sa reddition, d’une baisse continue de tonus intellectuel. Il en vint au bout de quelques années, et comme tant d’autres, à ne se préoccuper plus que de son délicieux transit intestinal.

C’est dans cet état de démence légère, de confort viscéral et d’indifférence cérébrale, état longtemps considéré comme un effet secondaire négligeable de la médecine actuale en phase de développement, qu’Avid Ojan écouta, à la fin de l’avant-midi du 23 octobre 2030, l’oraison prononcée par un membre de l’Alliance Solidaire Autochtone en l’honneur et à la mémoire de Louise Ojan Smithsonian, sa soeur décédée quelques jours auparavant et qui avait demandé à ses coreligionnaires, résistants folkloriques tolérés par le pouvoir local, de répandre ses cendres sur les terres du Parc Cahokia Mounds en Midouétie Centrale. Maintenu debout plus par les vertus des détecteurs d’inclinaison de son déambulateur que par sa propre volonté, Ojan assista sans émotion à la cérémonie de dispersion des cendres.

Après les funérailles, une jeune femme tenant un bébé dans ses bras s’approcha du vieillard jusque là morose-taciturne-et-secret. C’était Smerelda Square, la fille du professeur Berry Square, lequel avait consacré sa vie à démontrer que l’Histoire obéissait aux lois de la théorie des objets fractals de Mandelbrot. Le vieil homme n’avait jamais croisé une femme d’une telle prestance et d’une telle assurance, une femme si belle et qui, au surplus et contrairement au personnel de la Nanny tous contraints à une calvitie hygiénique, portait le cheveu long. Il en éprouva un étrange sentiment de bien-être et d’inconfort tout à la fois. Elle lui sourit. Lui tendit l’enfant. Lui dit: « Prenez Gilgamesh et accompagnez-moi au centre de Woodhenge. » La fermeté et la douceur du ton de la jeune femme étaient telles que le vieil homme ne put qu’obtempérer. Ensemble ils pénétrèrent à l’intérieur d’un cercle imaginaire délimité par des poteaux de bois dont l’alignement marquait les saisons et pointait, au couchant, vers le plus élevé d’un ensemble de tertres qui furent la sépulture des chefs d’une civilisation pré-colombienne éteinte plusieurs siècles avant l’arrivée des blancs au pays des Illinois.

Smerelda lui raconta qu’elle s’était liée d’affection avec Louise Ojan et l’avait prise pour grand-mère élective selon la tradition des Alliantistes. Elle lui dit que dans les semaines précédant sa mort, Louise lui avait confié tous les tapuscrits de son frère ainsi que des copies de toutes ses productions électroniques. Ojan était stupéfait. Il se souvenait d’avoir toujours envoyé un exemplaire de toutes ses créations à sa soeur mais il croyait qu’elle avait tout détruit. Il lui semblait qu’à chacune de ses pérégrinations, et elles avaient été nombreuses, elle laissait tout derrière elle pour commencer une vie nouvelle. Lui même, au moment de sa prise en charge par la Nanny, n’avait-il pas ordonné un autodafé de toute sa production qui lui semblait alors n’être qu’un amas incohérent de récits statiques dans lesquels jamais rien n’arrivait tant la précision et l’insignifiance du détail y étaient grandes. Voilà maintenant qu’une jeune femme dont il tenait, tremblant d’émotion, l’enfant dans ses bras, le frêle Gilgamesh, lui disait avoir vu dans ses écrits une illustration parfaite de la théorie des objets fractals appliquée à la littérature. Il était flatté, mais ne comprenait que peu de choses aux propos de la belle Smerelda malgré que, depuis leur entrée dans le cercle, il sentait renaître chez lui une agilité intellectuelle qu’il avait cru à jamais perdue.

La jeune femme et le vieillard debout sur son déambulateur et tenant toujours l’enfant dans ses bras quittèrent le cercle de Woodhenge et se rendirent au Centre d’interprétation du Parc, à proximité, pour y gagner le local clandestin où le professeur Square poursuivait les travaux qui devaient conduire à la ré-écriture du monde. Sur le mur face à l’entrée un schéma tracé sur papier liquide aléatoire représentait un bourrage apollonien dans lequel, aux dires de Smeralda, pouvait s’inscrire non seulement l’Histoire, mais aussi toute la littérature d’un Ulysse à l’autre, et même les écrits jamais publiés d’Avid Ojan. Le dessin était fait de deux lignes horizontales parallèles jointes par des cercles tangents à elles deux et entre eux. Les espaces libres étaient comblés par d’autres cercles plus petits, chacun étant tangent à deux grands cercles et à une des lignes. D’autres cercles exclus et toujours tangents complétaient le bourrage. Ne restaient entre les lignes que d’infimes surfaces non couvertes de cercles. De ces interstices filtraient les espaces aléatoires d’où surgissait la vie comme d’entre des contraintes muséales. Selon Smeralda, à chacun des cercles pouvait correspondre une oeuvre littéraire: aux plus grands les oeuvres de la durée, sagas et grandes épopées, aux plus petits celles de l’instant, tels les kaïkus. Quoiqu’ils fussent tous constitués de manière et de matière semblables, et pour cela même, les grands et les petits cercles se distinguaient non seulement par leur volume, mais aussi par leur texture. La courbure des plus grands semblait douce tandis que celle des petits donnait l’impression de n’être que successions d’aspérités. L’image était troublante en ce qu’elle révélait les rondeurs indécentes de l’Histoire et les saillies perverses de la vie.

Avid Ojan comprit ce jour-là que son oeuvre existait: il en connaissait l’heure et le lieu. Ayant dessein de l’accomplir, il demanda aux résistants le statut de réfugié sanitaire qu’on accorda sur le champ à ce frère de Louise Ojan Smithsonian, la grand-mère élective de Smeralda Square Smithsonian, fille du professeur Berry Square Smithsonian et mère du petit Gilgamesh.

Commença alors l’épisode des « Mille Jours». Avid Ojan reprit ses écrits anciens et les inscrivit dans un bourrage apollonien sous le titre de « La Genèse de l’Oeuvre », récit fondateur dont s’inspira Gilgamesh-Notre-Chef pour animer la Grande Réunification de 2060.

« Nés mortels, les hommes copulent. Seuls baisent les dieux. », ainsi parle Gilgamesh quand il célèbre les premiers jours de la « Genèse du Monde ». « Je m’appelle Victorine. Je suis cette vieille femme que tous appellent Victoria. Immobile sur la photo tel un crâne au désert… », ainsi s’exprima Avid Ojan le Jour de l’Incipit 2030.

Plume-déversoir

Mon stylo n’a ni queue ni coeur, il n’en fait qu’à sa fête. Quel beau jour le jour à la lune qui verra. Surtout qu’à l’oreillette chérie, la chevillette de la belle choit, nom d’une bobinette et pauvre petit chou. Chantent les crécelles dans les iphone au pied de la moraine, car il n’y a pas d’app pour ça. Seule la plume-déversoir le peut.


Paru aux impromptus littéraires sous le thème « Mon stylo n’en fait qu’à sa tête ».

Apprendre la vie

Apprendre la vie! On n’apprend pas la vie.
On n’enseigne pas la vie.
On la vit, la vie.

Ce qu’on apprend, c’est la mort.
On passe notre vie à apprendre à mourir.

Et quand on le sait, il est souvent trop tard.
Tout ce temps qu’on a perdu à croire qu’on pouvait apprendre à vivre, à soi et aux autres.
À soi et à ses petits.

Ce qu’on apprend à nos petits, en le leur cachant, en se le cachant, c’est la mort.
À petit feu. Sous le boisseau.
On se raconte des histoires quand on prétend leur apprendre à vivre.
On se peinturlure les entournures pour ne pas voir l’inéluctable.

Puis, un jour, c’est tout plein de craquelures.
Le grand noir au grand jour.
Et là, on apprend. Sur un temps riche, à part ça.
Sur le tas. Une pourriture.
Un levain.

La vie est azyme sans l’autre,
la grand folle qui fait des bulles.

Môssieu

Dans le cadre du Défi « Histoires de famille », Radio-Canada, janvier 2012, maximum 100 mots


J’avais rendez-vous. J’étais à l’heure. « Monsieur Gignac est légèrement en retard », m’annonça son adjointe. Des yeux ! Trente minutes s’écoulèrent. « Le travail m’attend. Dites au directeur que je serai au 2066 ». Je retournai au labo. Le temps passa, le doute monta. Je sortis du labo, regardai le numéro sur la porte : 2076 ! Le 2066, c’étaient, ce sont toujours les chiottes. Acte manqué ? Je n’ai pas vu le patron ce jour-là. Depuis, je suis retraité. Hier j’ai croisé M. Gignac au cinéma. Dans le corridor qui mène aux pissoirs. Elle s’appelait Nicole.